Géraldine, 15 ans, vit d'ordinaire dans une cité du Nord de la France, mais passe toutes ses vacances chez sa grand-mère dans le Sud de la France. Elles partagent une très grande complicité : avec elle, Géraldine peut parler de tout, ses rêves et ses cauchemars, son obsession de la mort notamment. Cet été-là, comme il y en a souvent dans le Midi, un violent incendie vient perturber les vacances. La maison, la Douloire, cernée par les flammes, est heureusement sauvée, mais la grand-mère, déjà affaiblie par la mort de son mari l'année précédente, semble soudain perdre la tête. Au-delà du paysage calciné, il semble que l'incendie ait anéanti la force de la vieille dame et ses souvenirs. Comme le roman le distille progressivement, on comprend alors que cette famille est construite autour d'un secret. Qui a donc véritablement peint ce tableau d'une très belle jeune femme nue, est-ce le grand-père, comme l'adolescente l'a toujours cru, ou plutôt sa propre mère ? Est-ce vrai que, toute petite, Géraldine a vécu un temps à la Douloire, alors que personne dans sa famille ne lui en a jamais rien dit ? Le mutisme de la mère semble ainsi cacher une grande souffrance, même si Géraldine met cela sur le compte d'un manque d'amour à son égard. Hospitalisée dans le Nord, la grand-mère va mourir durant l'été. Vient alors le temps des explications, notamment grâce au soutien d'un vieil ami de la grand-mère, Octave et de son petit-fils, Zaccharie, avec qui Géraldine va nouer une relation d'amour. La Douloire a été en fait le lieu d'un drame : les parents ont eu une première fille, Louise, morte à quatre ans quelques semaines avant la naissance de Géraldine. Lors de l'enterrement de la grand-mère, dans le cimetière où cette petite fille est enterrée, la chaîne du silence est enfin brisée. Géraldine peut enfin grandir : choisir par exemple de faire un CAP plutôt que de continuer ses études, et vivre dans le Sud, tout près de Zaccharie.
Isabelle Collombat construit autour d'une très forte relation entre petite-fille et grand-mère, thème qui plaît beaucoup aujourd'hui, ce premier roman qui est écrit dans une belle langue poétique. Le secret familial instaure un certain mystère, dans lequel se débat l'adolescente, confrontée aux silences ou aux mensonges de ses proches. Il s'adresse plutôt à des adolescents matures, qui vont entrer facilement dans les pensées du personnage, sa colère, sa révolte, et sa volonté de vérité.